La fiscalité de l’assurance-vie est souvent résumée à une idée : “après 8 ans, c’est avantageux”.
Mais l’avantage clé, c’est surtout l’abattement, souvent mal compris.
À quel moment s’applique-t-il, sur quoi exactement, et quels sont les montants à connaître ?
Dans cet article, on vous explique l’abattement en assurance-vie simplement, avec des chiffres précis et un exemple clair.
Les essentiels à retenir :
- Après 8 ans, abattement annuel sur les gains retirés : 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple), tous contrats confondus.
- En cas de décès : 152 500 € par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans ; 30 500 € au total sur les versements après 70 ans.
- L’abattement ne porte jamais sur vos versements : il s’applique uniquement à la part de gains incluse dans un retrait.
- La part de gains imposable est calculée au prorata : un retrait contient toujours capital + gains (ex : 20 % de gains ⇒ 20 % du retrait).
- L’abattement “retrait” est annuel et non reportable : s’il n’est pas utilisé sur l’année, il est perdu.
L’abattement en assurance-vie correspond à une somme de gains qui n’est pas soumise à l’impôt. Autrement dit, lorsque vous retirez de l’argent de votre assurance-vie, une partie des intérêts générés peut être exonérée d’impôt, dans la limite d’un plafond fixé par la loi.
Point important : l’abattement ne s’applique jamais sur le capital que vous avez versé, mais uniquement sur les gains (les intérêts). Vos versements restent donc toujours récupérables sans imposition ; l’abattement vient simplement réduire, voire annuler, l’impôt dû sur la part de gains incluse dans un retrait.
C’est ce mécanisme qui fait de l’assurance-vie une enveloppe fiscalement avantageuse sur le long terme. Contrairement à d’autres placements, vous ne payez pas d’impôt chaque année sur les gains : la fiscalité n’intervient qu’au moment d’un retrait, et l’abattement permet d’en limiter fortement l’impact.
En pratique, l’abattement joue un rôle de “franchise fiscale”. Tant que les gains concernés restent en dessous de ce seuil, ils ne sont pas imposés. Bien compris et bien utilisé, il permet donc de récupérer de l’argent de son assurance-vie dans des conditions très favorables.
L’abattement en assurance-vie ne s’applique pas automatiquement à toutes les situations. Il intervient à des moments bien précis de la vie du contrat, selon que vous retirez de l’argent de votre vivant ou que le contrat se dénoue en cas de décès.
L’abattement lors des retraits (rachats)
Dans le cadre d’un retrait, l’abattement s’applique uniquement lorsque le contrat a plus de 8 ans (ce retrait correspond à un rachat en assurance-vie). C’est une condition essentielle à retenir.
Avant cette durée, les gains restent imposés selon les règles en vigueur, sans bénéficier de l’abattement annuel.
Une fois le cap des 8 ans franchi, chaque retrait peut profiter d’un abattement annuel sur la part de gains, renouvelable tous les ans. Cela signifie que vous pouvez organiser vos retraits dans le temps pour limiter, voire éviter, l’imposition sur les intérêts.
L’abattement en cas de décès
L’assurance-vie bénéficie également d’abattements spécifiques en cas de décès, mais la logique est différente de celle des retraits. Ici, on parle de transmission et non plus d’épargne.
Versements avant 70 ans
Les sommes versées avant 70 ans relèvent d’un régime fiscal spécifique à l’assurance-vie. Elles bénéficient d’un abattement important par bénéficiaire, avant toute taxation éventuelle. C’est l’un des grands atouts de l’assurance-vie pour transmettre un capital dans un cadre avantageux.
Versements après 70 ans
Pour les versements effectués après 70 ans, les règles changent. Un abattement global s’applique sur les sommes versées, tous bénéficiaires confondus, avant réintégration éventuelle dans la succession.
Les gains générés par le contrat conservent toutefois un traitement distinct, ce qui explique l’intérêt de continuer à utiliser l’assurance-vie même après cet âge.
Louve Invest accompagne les épargnants sur ces sujets pour faire les bons choix de contrat et de stratégie, selon leur situation.
Les abattements applicables en assurance-vie sont précis, encadrés par la loi et dépendent de la situation : retrait de votre vivant ou transmission en cas de décès. Les regrouper ici permet d’avoir une vision claire et synthétique.
Le montant de l’abattement après 8 ans de détention (en cas de retrait)
Pour les retraits effectués sur un contrat de plus de 8 ans, l’assurance-vie bénéficie d’un abattement annuel sur la part de gains de :
- 4 600 € pour une personne seule,
- 9 200 € pour un couple soumis à une imposition commune.
Cet abattement s’applique uniquement aux intérêts inclus dans les sommes retirées.
Tant que le montant total des gains retirés dans l’année reste inférieur à ces seuils, aucun impôt sur le revenu n’est dû sur ces gains (les prélèvements sociaux restant applicables).
Les montants d’abattement en cas de décès
En cas de décès, l’assurance-vie bénéficie d’un cadre spécifique, avec des abattements distincts selon l’âge de l’assuré au moment des versements.
- Pour les versements effectués avant 70 ans : Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus. Cet abattement s’applique par bénéficiaire, ce qui rend l’assurance-vie particulièrement efficace pour transmettre un capital à plusieurs personnes.
- Pour les versements effectués après 70 ans : Un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des sommes versées, tous bénéficiaires confondus. Au-delà de ce seuil, seules les sommes versées sont réintégrées dans la succession ; les intérêts générés par le contrat sont exonérés de droits de succession.
Un abattement annuel ou ponctuel selon la situation
Les derniers points importants à savoir sont que :
- l’abattement lié aux retraits est annuel et se renouvelle chaque année ;
- les abattements liés au décès sont ponctuels, appliqués une seule fois lors de la transmission.
Ces montants répondent donc à des logiques différentes, mais bien maîtrisés, ils constituent l’un des principaux atouts fiscaux de l’assurance-vie, aussi bien pour gérer son épargne que pour préparer sa transmission.
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C’est un point essentiel, et pourtant souvent mal compris. L’abattement en assurance-vie ne s’applique jamais sur les sommes que vous avez versées, mais uniquement sur les gains générés par le contrat.
L’abattement s’applique uniquement aux gains
Lorsque vous effectuez un retrait, la somme récupérée se compose toujours de deux éléments :
- une part de capital (vos versements),
- une part de gains (intérêts, plus-values).
Seule la part de gains peut être concernée par l’abattement. Le capital, lui, n’est jamais imposé : vous pouvez toujours récupérer les sommes que vous avez versées, quel que soit le montant ou l’ancienneté du contrat.
C’est pour cette raison qu’un abattement de 4 600 € ou 9 200 € ne signifie pas que vous êtes limité à retirer ce montant. Il s’agit d’un plafond sur les gains imposables, pas sur la somme totale retirée.
Le mécanisme du prorata lors d’un retrait
Pour déterminer la part de gains incluse dans un retrait, l’administration applique une règle simple : le prorata.
Concrètement, la proportion de gains dans votre contrat est appliquée au montant retiré.
Ce mécanisme explique pourquoi il est possible de retirer des montants significatifs tout en utilisant progressivement l’abattement, sans jamais être limité au montant de celui-ci.
L’abattement en assurance-vie n’est pas seulement un avantage fiscal théorique. Bien utilisé, il devient un véritable outil de pilotage de votre épargne, à condition d’adopter une approche réfléchie et progressive.
Lisser ses retraits dans le temps
La première règle consiste à éviter les retraits trop importants en une seule fois.
Comme l’abattement est annuel, il peut être intéressant d’étaler ses retraits sur plusieurs années afin de profiter du plafond chaque année.
Cette logique est particulièrement pertinente lorsque :
- vous n’avez pas besoin de tout le capital immédiatement,
- vous souhaitez compléter vos revenus de manière régulière,
- vous approchez ou êtes déjà dans une phase de consommation progressive de votre épargne.
Lisser ses retraits permet ainsi de réduire, voire d’annuler l’impôt sur les gains, tout en conservant le contrat actif.
Arbitrer entre laisser fructifier et sécuriser
Utiliser l’abattement ne signifie pas forcément retirer dès que possible. Il faut aussi arbitrer entre :
- laisser l’épargne investie pour continuer à générer des gains,
- sécuriser une partie des intérêts déjà réalisés.
La bonne décision dépend de votre horizon de placement, de votre tolérance au risque et de la composition du contrat (fonds en euros, unités de compte, diversification). L’abattement offre une souplesse : il permet de retirer au bon moment, sans pression fiscale excessive.
Intégrer l’abattement dans une stratégie globale
Enfin, l’abattement prend tout son sens lorsqu’il est intégré dans une stratégie patrimoniale globale.
Il ne doit pas être utilisé isolément, mais en lien avec :
- vos autres sources de revenus,
- vos projets à moyen et long terme,
- votre besoin de liquidités,
- et l’ensemble de vos placements.
Bien utilisé, l’abattement permet de transformer l’assurance-vie en un outil flexible, capable de s’adapter à l’évolution de vos besoins, tout en conservant un cadre fiscal avantageux sur la durée.
L’abattement en assurance-vie est l’un des leviers fiscaux les plus puissants de cette enveloppe, à condition d’en comprendre le fonctionnement et les règles d’application.
Qu’il s’agisse de retraits après 8 ans ou de transmission en cas de décès, les abattements permettent de réduire fortement, voire d’annuler, l’imposition sur les gains, lorsqu’ils sont utilisés au bon moment.





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