Prélèvements sociaux en assurance-vie : comment ça marche ?

Quand et sur quoi s’appliquent les prélèvements sociaux en assurance-vie ? Fonds euros, unités de compte, rachats : règles claires et exemples.
Clément Renault
Romain Suchaud
Mis à jour le

February 4, 2026

L’assurance-vie présente un risque de perte en capital selon les supports choisis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La fiscalité de l’assurance-vie est souvent perçue comme complexe, en particulier lorsqu’il s’agit des prélèvements sociaux. Beaucoup d’épargnants les confondent avec l’impôt ou pensent qu’ils dépendent de l’ancienneté du contrat. En réalité, les prélèvements sociaux en assurance-vie obéissent à des règles précises, liées aux gains réalisés et aux supports détenus. Comprendre leur fonctionnement permet d’anticiper leur impact et d’évaluer plus justement la performance réelle de son contrat.

Les essentiels à retenir :

  • Les prélèvements sociaux en assurance-vie s’appliquent uniquement sur les gains, jamais sur les sommes versées.
  • Leur taux est fixe (17,2 %) et ne dépend ni de l’ancienneté du contrat ni du niveau de revenus.
  • Sur les fonds euros, ils sont prélevés chaque année, même sans rachat.
  • Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’en cas de rachat ou de dénouement du contrat.
  • Le seuil des 8 ans n’a aucun impact sur les prélèvements sociaux, uniquement sur la fiscalité.

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Que sont les prélèvements sociaux en assurance-vie ?

Les prélèvements sociaux en assurance-vie correspondent à des contributions obligatoires appliquées sur les revenus générés par le contrat. Ils s’ajoutent à la fiscalité classique et obéissent à des règles spécifiques qu’il est important de bien comprendre.

Définition simple des prélèvements sociaux

Les prélèvements sociaux sont des contributions destinées à financer la protection sociale. En assurance-vie, ils ne s’appliquent jamais sur les sommes versées, mais uniquement sur les gains réalisés par le contrat (intérêts et plus-values).

Ils sont prélevés automatiquement par l’assureur, sans démarche particulière de l’épargnant, et concernent l’ensemble des contrats d’assurance-vie, quels que soient leur montant ou leur ancienneté.

Quel est le taux des prélèvements sociaux en assurance-vie ?

Le taux global des prélèvements sociaux en assurance-vie est fixé à 17,2 %.
Ce taux est identique pour tous les épargnants, indépendamment de leur tranche d’imposition ou de la durée de détention du contrat.

En revanche, si le taux est le même pour tous, le moment où ces prélèvements sont appliqués peut varier selon la nature des supports détenus dans l’assurance-vie, ce qui peut avoir un impact concret sur la performance nette du placement.

Investir en assurance-vie comporte des risques et doit s’envisager sur le long terme. Les assurances-vie sont des contrats composés de fonds euros et d’unités de compte (UC) et chaque UC a ses propres frais en plus des frais du contrat. Les montants investis sur les supports en unités de compte supportent des risques de perte en capital. Ils ne sont pas garantis par l'assureur et sont sujets à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier de l'évolution des marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et les objectifs de rendement sont non garantis.

Sur quoi portent les prélèvements sociaux en assurance-vie ?

Les prélèvements sociaux ne concernent pas l’intégralité de l’épargne placée sur une assurance-vie. Ils s’appliquent selon une logique précise, qui repose sur la distinction entre capital investi et gains réalisés.

Les prélèvements sociaux s’appliquent uniquement sur les gains

En assurance-vie, les prélèvements sociaux portent exclusivement sur la part d’intérêts ou de plus-values générée par le contrat.
Les sommes que vous avez versées (le capital investi) ne sont jamais soumises à ces prélèvements.

Concrètement, si votre contrat n’a pas généré de gains, aucun prélèvement social n’est dû, même en cas de rachat. Cette règle vaut pour tous les contrats d’assurance-vie, quels que soient les supports détenus.

💡 Exemple concret : comment s’appliquent les prélèvements sociaux ?

Vous avez versé 10 000 € sur un contrat d’assurance-vie. Quelques années plus tard, sa valeur atteint 12 000 €. La différence de 2 000 € correspond aux gains réalisés.

Si vous effectuez un rachat total :

  • • Les 10 000 € de capital investi ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux.
  • • Seuls les 2 000 € de gains supportent les prélèvements sociaux à 17,2 %, soit 344 €.

À l’inverse, si la valeur du contrat est restée à 10 000 € (aucun gain généré), alors aucun prélèvement social n’est dû, même en cas de rachat.

Différence entre capital investi et produits générés

Lorsqu’un rachat est effectué, l’administration fiscale distingue :

  • le capital investi, correspondant aux versements effectués,
  • les produits générés, correspondant aux gains réalisés par le contrat.

Les prélèvements sociaux s’appliquent uniquement sur cette seconde partie.
En pratique, l’assureur calcule automatiquement la part de gains incluse dans le rachat et prélève les contributions sociales correspondantes, sans intervention de l’épargnant.

Cette distinction est essentielle pour bien comprendre pourquoi deux rachats de même montant peuvent entraîner des prélèvements sociaux différents selon la performance du contrat.

L’assurance-vie Louve Infinity a été conçue dans une logique de simplicité et de transparence : frais de gestion sur UC de 0,39 %, gestion libre ou pilotée, et une sélection de supports pour démarrer : 6 ETF incontournables, 1 ETF monétaire, un fonds euros, 7 SCPI et des fonds obligataires. L’offre en unités de compte a vocation à s’enrichir progressivement au fil des mois.

Quand les prélèvements sociaux sont-ils prélevés ?

Les prélèvements sociaux ne sont pas toujours prélevés au même moment. Leur application dépend principalement de l’événement qui intervient sur le contrat d’assurance-vie, comme un rachat ou son dénouement.

En cas de rachat (partiel ou total)

Lorsqu’un rachat est effectué sur un contrat d’assurance-vie, les prélèvements sociaux sont dus au moment du rachat, mais uniquement sur la part de gains comprise dans la somme retirée.

En cas de rachat partiel, l’administration applique un principe de prorata : la somme rachetée est réputée contenir à la fois du capital investi et des gains. Les prélèvements sociaux ne portent que sur la fraction correspondant aux gains.

Là encore, le calcul est réalisé automatiquement par l’assureur, qui prélève directement les contributions sociales avant de verser le montant net à l’épargnant.

💡 Exemple (rachat partiel) : prorata des gains et prélèvements sociaux

Prenons un contrat d’assurance-vie comme Louve Infinity. Vous avez versé 10 000 € et, quelques années plus tard, le contrat vaut 12 000 € (soit 2 000 € de gains). Vous effectuez un rachat partiel de 3 000 €.

  • • La part de gains dans le contrat est de 2 000 € / 12 000 € = 16,67 %.
  • • Sur les 3 000 € retirés, la part de gains est donc de 3 000 € × 16,67 % ≈ 500 €.
  • • Les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent uniquement sur ces 500 €, soit environ 86 €.

L’assureur calcule et prélève ces montants automatiquement avant de vous verser le net.

En cas de dénouement du contrat (décès)

En cas de décès de l’assuré, le contrat d’assurance-vie est dénoué et les prélèvements sociaux sont appliqués sur les gains non encore soumis à ces contributions.

Les règles diffèrent selon la nature des supports détenus dans le contrat :

  • pour les fonds euros, les prélèvements sociaux ayant généralement déjà été acquittés au fil de l’eau, il n’y a en principe pas de prélèvement supplémentaire sur les gains déjà taxés,
  • pour les unités de compte, les gains peuvent être soumis aux prélèvements sociaux au moment du dénouement si cela n’a pas été fait auparavant.

Ces prélèvements sociaux sont indépendants de la fiscalité successorale, qui obéit à des règles distinctes. Nous allons voir ça de plus près dans la prochaine section.

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Fonds euros et unités de compte : des règles différentes

Le mode de prélèvement des prélèvements sociaux dépend du type de support détenu dans le contrat d’assurance-vie. Fonds euros et unités de compte ne sont pas traités de la même manière, ce qui peut avoir un impact sur la performance nette du placement dans le temps.

Prélèvements sociaux sur les fonds euros

Sur les fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés au fil de l’eau, c’est-à-dire chaque année, au moment de l’inscription des intérêts sur le contrat.

Même si aucun rachat n’est effectué, les gains générés par le fonds euros sont automatiquement soumis aux prélèvements sociaux. Cela signifie que la performance affichée est déjà une performance nette de prélèvements sociaux, mais avant fiscalité.

Ce mécanisme limite l’effet de capitalisation à long terme, puisque les gains sont partiellement prélevés chaque année.

Prélèvements sociaux sur les unités de compte

À l’inverse, pour les unités de compte (ETF, SCPI, obligations, etc.), les prélèvements sociaux ne sont dus qu’en cas de rachat ou de dénouement du contrat.

Tant que les gains restent investis dans le contrat, ils ne supportent aucun prélèvement social. Cela permet une capitalisation plus efficace dans le temps, puisque l’intégralité des gains continue de produire des intérêts ou des plus-values.

Ce fonctionnement explique pourquoi les unités de compte sont souvent privilégiées dans une logique de placement long terme, malgré une prise de risque plus élevée.

Investir en assurance-vie comporte des risques et doit s’envisager sur le long terme. Les assurances-vie sont des contrats composés de fonds euros et d’unités de compte (UC) et chaque UC a ses propres frais en plus des frais du contrat. Les montants investis sur les supports en unités de compte supportent des risques de perte en capital. Ils ne sont pas garantis par l'assureur et sont sujets à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier de l'évolution des marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et les objectifs de rendement sont non garantis.

Assurance-vie et prélèvements sociaux : quelles différences selon l’ancienneté du contrat ?

L’ancienneté du contrat d’assurance-vie joue un rôle central en matière de fiscalité, mais son impact est plus limité lorsqu’il s’agit des prélèvements sociaux. Il est donc essentiel de bien distinguer ces deux notions.

Avant 8 ans

Avant 8 ans, les prélèvements sociaux s’appliquent dans les mêmes conditions que pour un contrat plus ancien.
Dès lors qu’un gain est constaté et soumis (au fil de l’eau ou lors d’un rachat), il supporte les prélèvements sociaux au taux en vigueur.

La durée de détention du contrat n’a donc aucune influence sur :

  • le taux des prélèvements sociaux,
  • la base sur laquelle ils sont calculés (les gains uniquement),
  • leur caractère obligatoire.

Après 8 ans

Après 8 ans, le constat est identique du point de vue des prélèvements sociaux.
Le taux reste strictement le même, et les prélèvements continuent de s’appliquer sur la part de gains.

La différence majeure après 8 ans concerne la fiscalité après 8 ans de l’assurance-vie (abattements annuels, taux d’imposition plus favorable), mais pas les prélèvements sociaux, qui demeurent incompressibles

C’est cette distinction qui explique pourquoi un contrat ancien peut rester fiscalement attractif tout en restant soumis aux prélèvements sociaux sur ses gains.

Les prélèvements sociaux en assurance-vie font partie intégrante du fonctionnement du contrat. Ils s’appliquent exclusivement sur les gains réalisés et selon des règles bien définies, qui ne dépendent ni de votre niveau de revenus ni de l’ancienneté du contrat.

S’ils sont souvent confondus avec la fiscalité de l’assurance-vie, ils obéissent en réalité à une logique distincte : même lorsque l’assurance-vie bénéficie d’un cadre fiscal favorable, les prélèvements sociaux restent dus. En comprendre le mécanisme permet d’évaluer plus justement la performance réelle de son épargne et d’éviter les mauvaises surprises lors d’un rachat.

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Investir en assurance-vie

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Romain Suchaud est conseiller en gestion de patrimoine chez Louve Invest, diplômé de l’IPAG Business School et certifié IOBSP.

Après 8 ans chez Allianz Expertise & Conseil, il accompagne aujourd’hui les investisseurs dans leurs stratégies SCPI et dirige plusieurs sociétés patrimoniales.

Les questions fréquentes

Les prélèvements sociaux sont-ils obligatoires en assurance-vie ?

Oui. Les prélèvements sociaux sont obligatoires en assurance-vie dès lors que le contrat génère des gains. Ils s’appliquent automatiquement sur la part d’intérêts ou de plus-values, sans possibilité de choix pour l’épargnant. Ils sont prélevés directement par l’assureur, soit au fil de l’eau, soit lors d’un rachat ou du dénouement du contrat, selon les supports détenus.

Peut-on éviter les prélèvements sociaux ?

Non. Il n’est pas possible d’éviter les prélèvements sociaux en assurance-vie dès lors que des gains sont réalisés. Contrairement à certains dispositifs fiscaux, ils ne font l’objet ni d’abattement spécifique ni d’exonération liée à la durée de détention. En revanche, leur moment de prélèvement peut varier selon le type de support, ce qui peut influencer la capitalisation des gains dans le temps.

Les prélèvements sociaux changent-ils selon le type de contrat ?

Le taux des prélèvements sociaux est identique pour tous les contrats d’assurance-vie. En revanche, leur mode de prélèvement dépend des supports détenus : - sur les fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur les intérêts ; - sur les unités de compte, ils sont dus uniquement lors d’un rachat ou du dénouement du contrat. Cette différence de fonctionnement peut avoir un impact sur la performance nette du contrat à long terme, sans modifier le taux appliqué.

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